La Parole errante. 9 rue François Debergue. Montreuil 93100. Métro Croix de Chavaux. gasparini.expo@gmail.com

Les figures mythiques du soulèvement

Accueillir les photos de Paolo Gasparini à la Parole errante d’Armand Gatti, c’est essayer de saisir comment les hommes et les femmes engagé(e)s dans des luttes d’émancipation de l’Amérique latine sont devenues en Europe les figures mythiques du soulèvement.

Emiliano Zapata, Che Guevara, Rigoberta Manchu, Yon Soza, Camilo Torrès et le sous-commandant Marcos. Comme si les pays  dont ils étaient les ressortissants, portaient la responsabilité de l’avènementd’un autre ordre social et économique après la disparition du message bolchévik. Et aussi d’une autre manière de penser le politique comme en témoigne les écrits de Marcos ou les rencontres de Porto Allegre

Le poète et le photographe ont traversé toutes ces époques et leurs questions .

Une exposition rendra compte en images et en textes de cette longue marche.

 

Le dossier qui suit indique les pistes de travail sur l’œuvre de Paolo Gasparini.

 

L’exposition aura lieu la Maison de l’Arbre pendant tout le mois d’Octobre

Pour nous ce sera aussi l’occasion d’organiser un forum permanent.

Depuis sa création à Montreuil, la maison de l’Arbre accueille régulièrement les associations latino-américaines, colombiennes, les zapatistes. Pendant tout le mois nous allons projeté des films documentaires et de fictions, organisé des débats et des lectures. Chaque projection sera parrainé par une association. Chaque  samedi se dérouleront rencontres festives et débat.

Pour participer à ce forum ou parrainer des films il faut prendre contact avec Carlos…..

ou en voyer un mail à …

 

Le souci des questions que pose une telle manifestation est inscrite dans l’organisation spatiale de la maison de l’Arbre : une des portes d’entrée dans le lieu est la librairie Michèle Firk, une montreuilloise qui rejoignit la guerilla en Amérique latine et y trouva la mort. C’était le désir d’Armand Gatti qu’elle fut nommée ainsi. Il cite d’ailleurs Michèle Firk dans la pièce intitulée La Naissance écrite juste après que celle-ci soit tuée à Guatemala Ciudad, un mois après son compagnon  mis dans un sac et jeté d’hélicoptère sur les rochers de la côte Pacifique.

« Je représente tout ce qui fait horreur — un terrain mouvant, l’insécurité, l’instabilité, l’associabilité. Il n’en sera que plus facile de me condamner au nom d’un goût suspect pour les « aventures » et le tiers monde, et de faire oublier qu’il s’agit avant tout d’un combat politique. (Tu ne comprends pas.) Il n’est pas honteux (au contraire) de faire de la lutte révolutionnaire l’axe de sa vie, autour duquel tout le reste ne sera qu’accessoire. Ce qui est honteux, c’est de converser du Vietnam les doigts de pied dans le sable, sans rien changer à sa vie, de parler des guérillas en Amérique latine comme du tour de chant de Johnny Halliday. Ce qui est honteux, c’est d’être « informé objective- ment », c’est-à-dire de loin, sans jamais prendre part. Nous sommes des citoyens du monde et le monde est vaste : ici ou là, peu importe, il n’est point de fatalisme géographique (de profil). Mes moyens sont limités et faibles. Cependant je les ai mis tout entiers dans le combat, et je refuse à quiconque le droit de me voler les idées au nom desquelles je me battrai jusqu’à la mort, celle du Che, de Fidel, du peuple vietnamien. Dans notre lutte, tous les champs de bataille sont glorieux. Pourtant, la gloire est bien ce qui nous est le plus indifférent. Chers camarades, ne permettez pas que l’on fasse de moi autre chose que ce que je suis et ce que je veux être : une combattante révolutionnaire. Comme le dit le Che, jusqu’à la victoire toujours ! »


Paolo Gasparini découvre la photographie en 1953 en Italie. En 1955, il rejoint son frère à Caracas, où il travaille comme photographe d'architecture.

Figure de de la photographie documentaire en Amérique latine, Paolo Gasparini  s'attache à mettre en scène la conflictualité dans les métropoles. Le langage photograpique est pour lui un outil permettant de questionner les disparités sociales et les conflits culturels et économiques qui touchent les habitants d'Amerique latine. On pourrait parler d'essai photographique,  car Paolo Gasparini inventent de nouvelles propositions photographiques. Son refus de l'image iconique le pousse à sans cesse trouver de nouveaux modes d'assemblage et d'exposition.

Paolo Gasparini a publié de nombreux ouvrages photographiques qui comptent dans l'histoire de la photographie latino-américaine dont le livre culte « Para verte Mejor America latina »